Niewiadoma contre Gery : « Pourquoi m'avez-vous coincé contre les barrières ? »
La joueuse polonaise accuse la coéquipière de Vollering de l'avoir gênée.


La joueuse polonaise accuse la coéquipière de Vollering de l'avoir gênée.

La huitième étape du Tour de France Femmes a été une journée amère pour Kasia Niewiadoma-Phinney, maillot jaune : la Polonaise a perdu la tête du classement général au profit de Demi Vollering à Nice même, et elle n'a pas caché sa colère face à ce qu'elle a décrit comme une manœuvre déloyale de la coéquipière néerlandaise, Célia Gery, dans l'ascension décisive du jour.
Niewiadoma-Phinney a interpellé Gery directement à l'arrivée, lui demandant sèchement : « Pourquoi m'as-tu coincée dans les barrières ? », avant de laisser éclater sa frustration devant les caméras. Sa nervosité était également palpable après l'étape, la Polonaise étant encore sous le choc pendant sa récupération.
Dans le bus de l'équipe Canyon-SRAM, les membres de l'équipe technique et les directeurs sportifs se sont réunis autour de Niewiadoma-Phinney, qui a refusé de faire d'autres commentaires aux médias. Le groupe a analysé les images du ralenti sur un téléphone, mais les images télévisées ne permettaient pas de voir clairement l'incident, alternant entre un plan frontal et une vue aérienne au moment crucial.
Des sources proches de Cyclingnews indiquent que l'équipe était en contact avec le jury de la course, qui dispose d'un système de reportage vidéo capable d'analyser de multiples angles, et pas seulement ceux diffusés à la télévision.
Un peu plus loin sur le parcours, la FDJ a souligné que tout mouvement de Gery aurait été purement accidentel, réaffirmant que ce n'est pas dans la nature de la Française de 20 ans de piloter de manière agressive ou déloyale.
Lors de la publication du rapport d'étape, aucune sanction, amende ou avertissement n'a été infligé à Gery.
Le directeur sportif de Canyon, Rolf Aldag, a d'abord préféré ne pas trop s'étendre sur l'incident : « Je n'ai pas vu l'action, nous allons donc l'examiner. Si elle était injuste, la VAR et le jury prendront les décisions qui s'imposent. Je ne peux pas commenter pour l'instant quelque chose dont je ne suis pas certain. Attendons de voir. »
Elle a toutefois admis plus tard que le virage en question était assez décisif, et que si Niewiadoma-Phinney avait réussi à suivre la roue de Vollering sans encombre, le résultat de l'étape et donc le résultat global auraient pu être sensiblement différents.
« Je me demandais ce qui s'était passé dans ce virage. Elle avait un écart avec Demi, et si vous restez dans la roue de Demi, vous y restez, mais elle devait combler l'écart, et rattraper celle qui est la meilleure au monde demande un effort énorme, ce qui entraîne une perte de fraîcheur », a-t-il expliqué.
« Si elle était restée dans la roue de Demi, elle aurait franchi la ligne d'arrivée avec elle et le classement serait resté le même. Je ne sais pas pourquoi elle n'était pas dans la roue de Demi. On a tous vu à la télé qu'elles avaient la tête et qu'elle a dû se battre avec Longo Borghini. Au sommet, elles étaient quasiment à l'arrêt. Si elle n'avait pas eu à le faire, elle aurait passé la montée avec Demi et l'histoire aurait été complètement différente. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé, il faut l'accepter. »
« Certains me disent : “Oui, mais Kasia a gagné hier parce que Demi a pris un risque”, mais c’est absurde. Hier, Kasia était tout simplement la plus forte, sans aucun doute, et on ne gagne pas avec une minute et vingt secondes d’avance par chance ou grâce à une prise de risque. C’est parce qu’on sait qu’on est la plus forte sur le Mont Ventoux, et elle l’était hier. Demi a été vraiment très bonne aujourd’hui, il faut donc le reconnaître aussi. »
Alors même que l'équipe Canyon-SRAM analysait l'incident et semblait être en contact avec le jury, on sentait que, même en cas de pénalité, le classement de Niewiadoma-Phinney resterait inchangé. L'équipe souhaitait néanmoins comprendre pourquoi le coureur polonais n'avait pas pu suivre Vollering et quelles conséquences cela pourrait avoir sur la dernière journée de course.
Une dernière chance de récupérer le maillot jaune
L'incident Gery mis à part, l'absence de sanctions relègue désormais l'affaire au passé : il ne reste plus que la 9e étape. Avec seulement huit secondes d'avance pour Vollering, l'équipe FDJ United-Suez aurait pu célébrer comme si le Tour était déjà gagné, mais la réalité est tout autre. Et s'il y a bien une équipe capable de remonter ou de s'imposer avec un écart minime, c'est Niewiadoma-Phinney.
Photos de cyclisme de sprint
Journaliste sportif et passionné de cyclisme, il suit le monde du professionnalisme depuis plus de 10 ans. Il collabore avec FantaCycling pour vous apporter les meilleures analyses et actualités du monde du cyclisme.

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