Bordeaux, théâtre de sprints légendaires sur le Tour de France, a été le théâtre d'un événement rare : un train de sprinteurs parfait, un schéma classique du cyclisme des années 1990, avec une fin douce-amère pour ceux qui espéraient voir Jasper Philipsen triompher. L'équipe Alpecin-Premier Tech a déployé la tactique classique du train de sprinteurs , avec cinq équipiers se relayant sur les 2 500 derniers mètres, chacun lançant sa échappée au moment opportun. Une organisation impeccable. Dommage que le dernier relayeur, Philipsen lui-même, n'ait pas eu assez de carburant.
Le champion belge, déjà vainqueur de dix étapes du Tour, avait déjà montré des signes de faiblesse lors du sprint de la première étape, mercredi. À Bordeaux, malgré un relais personnel de Mathieu van der Poel qui l'a propulsé à 250 mètres de l'arrivée, Philipsen s'est effondré comme une bougie sous la pluie. La comparaison avec le vainqueur , Tim Merlier (Soudal Quick-Step), était impitoyable : un écart de vitesse énorme qui ne laissait aucune place à l'interprétation.
« C’était un formidable effort collectif, et j’en suis ravi, mais évidemment je suis déçu de mes jambes et de mon sprint », a admis Philipsen à la fin de l’étape. « Ce n’est pas comme ça que ça devait se passer. Mes jambes n’étaient pas censées réagir ainsi. »
Bien sûr, il y a des circonstances atténuantes : un léger vent de face dans la dernière ligne droite et un contact épaule contre épaule avec Fernando Gaviria (Caja Rural) ont perturbé sa trajectoire. Mais aucun de ces facteurs n'explique vraiment sa faiblesse. « Il faut analyser la situation. La seule chose que je peux dire, c'est que j'ai tout donné. J'ai pédalé aussi fort que possible, mais ça n'a pas suffi », a ajouté le Belge. « Je me sens bien, on verra bien. Aujourd'hui, je n'avais pas la vitesse dans les jambes, alors j'espère que ça viendra. »
Concernant la chaleur, qui s'est fait sentir dès les premières étapes du Tour 2026, Philipsen a minimisé le problème : « La chaleur est présente pour tout le monde. Elle est très éprouvante pour le corps, les muscles sont douloureux, nous essayons de la gérer au mieux et pour l'instant, nous avançons. »
Le manager de l'équipe, Christophe Roodhooft, a défendu son coureur vedette auprès des journalistes. « Le lancement était parfait, rien à redire là-dessus », a-t-il déclaré. « Au final, Jasper a lancé le sprint, mais n'a pas pu atteindre son rythme habituel. Il faudra attendre un peu pour comprendre pourquoi. » Quant à l'explication : « Si on pouvait l'expliquer, ça ne se serait pas produit. C'est difficile à dire. Ça reste du sport, et parfois les choses se passent bien. » La conclusion du manager était étonnamment bienveillante : « On ne blâme pas Jasper. C'est comme ça. C'est le sport, et c'est un être humain. »
Conseils pour le Fantasy Cycling : La situation de Philipsen est un signal d'alarme pour ceux qui l'ont dans leur équipe. Le Belge est en mauvaise forme et, avec l'approche des étapes de montagne, il risque de ne pas être en mesure de récupérer avant les prochains sprints. À l'inverse, Tim Merlier s'impose comme le sprinteur le plus en forme du peloton sur ce Tour de France 2026 : il a déjà prouvé sa capacité à gagner même lorsque le rythme n'est pas soutenu et a dominé Bordeaux avec autorité. Ceux qui misent sur les arrivées au sprint feraient bien de revoir leurs options, de privilégier Merlier et de suivre de près la forme de Philipsen lors des prochaines étapes.
Photo : Agence cycliste Sprint